
L'activité économique aux Émirats arabes unis a enregistré sa plus forte dynamique depuis décembre 2024, portée par une croissance des nouvelles commandes à un rythme inégalé depuis plus de deux ans.
Le secteur privé non pétrolier des Émirats arabes unis a nettement accéléré sa croissance en août 2026, soutenu par une reprise de la demande intérieure et extérieure. L'indice corrigé des variations saisonnières S&P Global UAE Purchasing Managers’ Index (PMI) a atteint 55,3 points, contre 52,7 points en juillet.
Il s'agit de la plus forte amélioration de l'activité commerciale depuis décembre 2024 et du deuxième mois consécutif d'accélération. Un indice PMI supérieur à 50 points indique une expansion de l'activité du secteur privé.
Parallèlement, le volume des nouvelles commandes a progressé à l'un des rythmes les plus soutenus depuis plus de deux ans, tandis que la production et l'activité globale ont atteint un sommet en six mois.
La demande aux Émirats arabes unis a connu un net rebond
L'une des principales raisons de l'amélioration des indicateurs en août est la hausse de la demande des clients.
Les entreprises ont fait état d'une reprise de l'activité des acheteurs, à mesure que s'estompe la prudence économique liée au conflit régional. Toutefois, l'incertitude géopolitique n'a pas totalement disparu et continue d'influencer les décisions des entreprises.
David Owen, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence, a souligné que l'économie non pétrolière des Émirats arabes unis s'est considérablement accélérée et que les entreprises ont su mieux s'adapter aux conditions actuelles.
Une dynamique positive a été observée sur plusieurs fronts : augmentation de la demande, réduction des délais de livraison et atténuation des pressions sur les prix.
Le PMI rebondit après avoir atteint un plus bas en cinq ans en juin
La dynamique du mois d'août est particulièrement marquée au regard de la situation observée au début de l'été.
En juin 2026, l'indice PMI des Émirats arabes unis était tombé à 50,8 points, son niveau le plus bas depuis plus de cinq ans. Dès juillet, l'indice s'est redressé à 52,7 points grâce à la hausse des dépenses des clients et à l'atténuation de certains effets immédiats de l'instabilité régionale.
En août, l'indicateur a atteint 55,3 points.
Ainsi, l'évolution sur trois mois s'établit comme suit :
- juin — 50,8 points ;
- juillet — 52,7 points ;
- août — 55,3 points.
Cette accélération constante témoigne d'une reprise de l'activité du secteur non pétrolier après un deuxième trimestre difficile.
La demande à l'exportation progresse pour le deuxième mois consécutif
L'amélioration de la situation ne concerne pas uniquement le marché intérieur.
Les nouvelles commandes à l'exportation ont augmenté pour le deuxième mois consécutif, après avoir reculé tout au long du deuxième trimestre. Cela témoigne d'une reprise progressive de la demande internationale pour les biens et services des entreprises des Émirats arabes unis.
La dynamique de l'indice PMI est en phase avec la croissance globale du commerce extérieur hors hydrocarbures du pays.
Au premier semestre 2026, son volume a atteint le niveau record de 1 937 milliards d'AED, soit une hausse de 13,1 % par rapport à la même période de l'année précédente.
Les exportations hors hydrocarbures ont progressé encore plus rapidement, avec une hausse de 23,9 % pour atteindre un record de 452,8 milliards d'AED.
L'expansion du réseau d'accords de partenariat économique global (CEPA) apporte un soutien supplémentaire au commerce international. Depuis le lancement du programme en 2021, les Émirats arabes unis ont signé 38 accords de ce type, facilitant l'accès des entreprises aux marchés étrangers.
Les entreprises augmentent activement leurs stocks
Dans un contexte de hausse des ventes, les entreprises ont commencé à accroître sensiblement leurs volumes d'achat de matières premières et d'autres ressources nécessaires.
Les stocks de marchandises achetées ont progressé en août à leur rythme le plus rapide depuis près de trois ans.
Cette dynamique reflète à la fois les attentes d'une poursuite de la hausse de la demande et la volonté des entreprises de se préparer à d'éventuelles perturbations des chaînes d'approvisionnement.
Les entreprises ont également collaboré plus activement avec des fournisseurs locaux. Cela a permis de réduire les délais de livraison et d'atténuer partiellement la dépendance aux risques logistiques extérieurs.
Ainsi, les entreprises réagissent à l'évolution de la situation économique non seulement en augmentant leurs achats, mais aussi en ajustant la structure de leurs chaînes d'approvisionnement.
La hausse des coûts ralentit aux Émirats arabes unis
Parallèlement à la reprise de la demande, la situation concernant les coûts des entreprises s'est améliorée.
La hausse globale du coût des ressources a ralenti pour atteindre son niveau le plus bas depuis février. Toutefois, les entreprises ont continué de signaler une augmentation des dépenses pour certaines catégories, notamment l'énergie, le carburant, le ciment, l'acier et les produits chimiques.
Les prix de vente ont augmenté modérément, bien que leur rythme de progression ait atteint un sommet en quatre mois.
Certaines entreprises ont augmenté leurs prix en raison de la hausse de leurs propres coûts et d'une demande plus forte. D'autres ont continué à proposer des remises et des offres spéciales en raison d'une concurrence intense.
La combinaison d'une demande croissante et d'une augmentation plus modérée des coûts crée des conditions opérationnelles plus favorables pour une partie du secteur hors hydrocarbures.
Le marché de l'énergie reste un facteur d'incertitude
Malgré l'amélioration de la plupart des indicateurs, la situation régionale continue de faire peser des risques sur l'économie.
Au 3 septembre, le pétrole Brent se négociait à environ 95 dollars le baril. Le marché continuait d'évaluer les conséquences de la nouvelle escalade entre les États-Unis et l'Iran, ainsi que les risques potentiels pour la navigation dans le détroit d'Ormuz.
Pour les Émirats arabes unis, la stabilité des routes de transport régionales est cruciale non seulement pour le secteur énergétique, mais aussi pour le commerce, la logistique et d'autres piliers de l'économie non pétrolière.
Par conséquent, la dynamique future de l'indice PMI dépendra notamment de l'évolution de la situation géopolitique.
Les entreprises restent prudentes en matière de recrutement.
L'emploi est devenu l'une des rares composantes faibles de l'étude d'août.
Malgré la hausse des ventes et du volume d'activité, les effectifs ont diminué pour la deuxième fois en trois mois.
Les entreprises hésitent encore à accroître leurs effectifs permanents dans un contexte d'incertitude persistante.
Parallèlement, la croissance rapide des nouvelles commandes a entraîné une augmentation du volume des travaux en cours. Dans certains cas, la demande a progressé plus vite que la capacité des entreprises à accroître leurs capacités opérationnelles.
Cela montre que les entreprises ressentent déjà une réelle reprise de l'activité, tout en conservant une approche prudente vis-à-vis des décisions de recrutement à long terme.
La confiance des entreprises atteint son plus haut niveau depuis avril.
Malgré la prudence en matière de recrutement, les perspectives des entreprises pour les 12 prochains mois se sont améliorées.
Le niveau d'optimisme des entreprises a atteint en août son plus haut niveau depuis avril.
Parmi les facteurs soutenant les perspectives des entreprises, on note :
- la croissance des ventes ;
- l'augmentation attendue de l'activité dans le secteur de la construction ;
- l'espoir d'une diminution des tensions géopolitiques.
À titre de comparaison, en juillet, seules 7 % environ des entreprises interrogées anticipaient une croissance de leur activité pour l'année à venir.
Ainsi, à la fin de l'été, les indicateurs actuels de la demande et les perspectives économiques des entreprises se sont améliorés simultanément.
L'indice PMI de Dubaï grimpe à 54,1 points.
Une dynamique positive a également été observée directement à Dubaï.
L'indice S&P Global Dubai PMI est passé de 51,7 points en juillet à 54,1 points en août.
Le volume des activités commerciales et des nouvelles commandes a progressé à son rythme le plus rapide depuis six mois, porté par une hausse des dépenses des clients et une reprise de la demande à l'exportation.
L'activité d'approvisionnement a connu une évolution particulièrement marquée. Les stocks des entreprises de Dubaï ont augmenté au rythme le plus soutenu depuis décembre 2017.
Parallèlement, les effectifs ont légèrement diminué, tandis que la hausse de la demande a accentué la pression sur les capacités opérationnelles existantes.
Contrairement à la tendance nationale, les dépenses des entreprises à Dubaï ont progressé plus rapidement : les sociétés ont enregistré leur plus forte hausse des coûts globaux en quatre mois.
Néanmoins, la progression de l'indice PMI, passé de 51,7 à 54,1 points, témoigne d'une amélioration significative de la santé du secteur privé non pétrolier de l'émirat.
Le secteur non pétrolier représente 79,4 % de l'économie des Émirats arabes unis.
Les données PMI du mois d'août viennent compléter les statistiques officielles sur l'économie du pays.
Au premier trimestre 2026, le PIB réel des Émirats arabes unis a progressé de 3 % en glissement annuel pour atteindre 485 milliards d'AED.
Sur la même période, le PIB non pétrolier a crû de 4,8 %, portant sa part dans l'économie à 79,4 %.
Les taux de croissance les plus élevés ont été enregistrés dans les secteurs suivants :
- activités financières et d'assurance : 17,3 % ;
- construction : 8,1 % ;
- santé et services sociaux : 7,7 % ;
- information et communication : 5,9 % ;
- immobilier : 4,8 % ;
- commerce de gros et de détail : 2,6 %.
Cette performance fait suite à une année 2025 solide, durant laquelle le PIB réel des Émirats arabes unis a progressé de 6,2 % pour atteindre 1,9 billion d'AED, tandis que le PIB non pétrolier a augmenté de 6,8 % pour s'établir à 1,5 billion d'AED.
Bien que l'indice PMI ne soit pas un indicateur direct du PIB, sa couverture des secteurs de la production, de la construction, du commerce et des services permet d'évaluer rapidement l'évolution de l'activité économique dans le secteur privé.
Ce que la hausse de l'indice PMI signifie pour le marché immobilier des Émirats arabes unis
Pour le marché immobilier, l'accélération de l'économie non pétrolière constitue un indicateur macroéconomique majeur.
La hausse de l'activité commerciale et des nouvelles commandes pourrait soutenir la demande en espaces commerciaux, bureaux et immobilier logistique. Si l'expansion des entreprises entraîne par la suite des recrutements plus soutenus, cela pourrait également stimuler la demande en immobilier résidentiel et en locations longue durée.
Le secteur de la construction revêt une importance particulière, ayant enregistré une croissance de 8,1 % au premier trimestre 2026. Par ailleurs, les participants à l'enquête PMI anticipent eux-mêmes une poursuite de l'activité dans ce secteur.
Toutefois, les indicateurs actuels de l'emploi appellent à la prudence. Les entreprises ne se pressent pas encore pour étoffer leurs effectifs ; par conséquent, l'accélération de l'indice PMI ne peut être interprétée automatiquement comme une garantie de croissance future de la demande ou de la valeur immobilière.
Pour les investisseurs, la durabilité de cette tendance au cours des prochains mois est plus déterminante.
Pourquoi la dynamique de l'économie non pétrolière est cruciale pour les investisseurs
La diversification économique constitue l'un des piliers fondamentaux du développement à long terme du marché immobilier aux Émirats arabes unis.
Plus la part de la finance, du commerce, des technologies, de la construction, des services professionnels et des autres secteurs non pétroliers est importante, moins le marché immobilier dépend exclusivement du cycle pétrolier.
Au premier trimestre 2026, le secteur non pétrolier représentait déjà 79,4 % du PIB réel du pays. Parallèlement, le secteur immobilier a progressé de 4,8 % et celui de la construction de 8,1 %.
L'indice PMI d'août, à 55,3 points, montre que le secteur privé reprend de l'élan après le net ralentissement observé au début de l'été.
Pour les acheteurs et les investisseurs immobiliers, il est essentiel de surveiller si la croissance des nouvelles commandes se maintient, si l'amélioration des perspectives commerciales se traduit par une hausse de l'emploi et si la demande intérieure et internationale continue de se renforcer.
L'économie des Émirats arabes unis affiche une reprise malgré les risques extérieurs
L'instabilité régionale demeure l'un des principaux facteurs d'incertitude pour les Émirats arabes unis.
Le Fonds monétaire international a souligné précédemment que le pays conserve une résilience significative grâce à des fondamentaux économiques solides, des réserves importantes et la capacité du gouvernement à réagir rapidement aux chocs extérieurs.
Dans le même temps, le conflit et les perturbations périodiques du transport maritime dans le détroit d'Ormuz sont susceptibles d'exercer une pression sur le commerce, les transports, le tourisme et l'immobilier.
Dans ce contexte, la hausse de l'indice PMI des Émirats arabes unis à 55,3 points et de celui de Dubaï à 54,1 points constitue un signal opérationnel important de la reprise de l'activité économique.
Les données d'août révèlent un renforcement de la demande intérieure, un retour des commandes à l'exportation et une confiance accrue des entreprises. Si cette tendance se confirme, elle pourrait offrir un soutien supplémentaire à l'économie non pétrolière et aux secteurs connexes, notamment la construction et l'immobilier.



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